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Les guitares Egmond

Egmond a été l'un des fabricants européen de guitares le plus important des années 60.

A l'origine Uilke Egmond (1878-1959) professeur à la retraite, fonde en 1932 une école de musique pour enseigner le violon et ouvre un magasin où il vend des instruments en provenance principalement d'europe de l'est.

En 1935, l'entreprise déménage à Eindhoven et les fils d'Uilke, Gérard (1904-1974), Dick (1920-1992) et Jaap (1921-1993) rejoignent la société pendant la seconde guerre mondiale et commencent la fabrication d'instruments à cordes essentiellement des banjos et des mandolines, et un peu plus tard des guitares acoustiques. Au début des années 50, l'entreprise emploie vingt personnes et fabrique cinquante guitares par semaine. Ses premières guitares électrifiées semblent apparaître vers 1955, ce qui en faisaient les toutes premières en europe et que nous découvrions avec émerveillement en pensant avec naïveté qu'il suffisait de les brancher à une prise de courant ... !

Au début des années 60, dopé par l'explosion de la demande en guitares électriques, Egmond est devenu le plus important fabricant européen d'instrument et son entreprise emploie maintenant quatre vingt personnes avec une production de deux mille guitares par semaine, loin devant l'Italien EKO qui vient pourtant d'installer une nouvelle usine à Recanati.

L'un des objectifs de la firme était de permettre à tout le monde d'acheter une guitare et elle va pratiquer une politique de prix bas, avec pour corollaire la recherche de procédés de fabrication simples et économiques, ce qui valu à cette marque une bien mauvaise réputation qui persiste encore de nos jours.

Si les instruments d'entrée de gamme la méritaient bien, ce constructeur produisait également des guitares un peu plus élaborées la mettant au niveau des autres fabricants européens.

Cependant elle ne pourra pas résister aux productions nippones et à la demande croissante d'instruments de meilleure qualité en provenance des US. Elle cessera son activité vers le milieu des années 70.

C'est donc un peu pour la réhabilitation de cette marque que j'ai décidé de rédiger cette page. J'ai rencontré certaines difficultés car les informations disponibles sur Egmond sont peu nombreuses, et lorsqu'elles existent, elles contiennent souvent des erreurs. De plus la rareté des catalogues ne permet pas de dater avec précision les modèles ni d'en faire une chronologie fiable, c'est pourquoi j'ai décidé de faire une présentation des différents modèles sans parfois pouvoir dater leurs évolutions. Evidemment ce travail n'est pas exhaustif et d'ailleurs je ne mentionnerai que les instruments solid body électriques.

Enfin à l'inverse des guitares de légende comme la Stratocaster de Léo Fender qui n'a pas ou peu changé depuis l'origine, les modèles Egmond on subi une constante évolution parfois subtile ou parfois radicale qui crée une vraie difficulté à classer un modèle. En effet ou le nom reste identique mais la forme change, ou le nom change mais l'instrument reste visuellement identique .... un vrai casse-tête !

 

Le modèle Lucky 7

La série 7 est devenue mythique et elle comprend trois modèles. Tout d'abord la Lucky 7 semble être apparue dès 1955 dans un catalogue de la marque sous la référence ES 113/21 CA et est présentée comme un modèle moyen de guitare jazz demi-caisse (60 mm) disponible en brownburst, blueburst et redburst et blanc. Elle est déjà équipée de la plaque supportant le micro (elle était noire sur le document ci-dessous) et dont la silhouette deviendra célèbre et qui était une bonne idée pour électrifier une guitare acoustique de manière simple et économique sans modifier l'instrument. Il est assez rare de rencontrer un modèle 7 qui soit 100% original, tant la mauvaise qualité de l'accastillage incitait leurs propriétaires à remplacer les mécaniques, les chevalets, voire les micros et je vous signalerai à chaque fois ce qui ne semble pas original sur les photos que je vous présente.

 

Le modèle Solid 7

La Solid 7 qui apparaît en 1957 est la grande soeur de la Lucky 7. En effet si la première avait hérité d'une silhouette assez classique rappelant une guitare acoustique avec une petite caisse de résonnance à pan coupé (cut away), le modèle "solid" arbore un look qui se voulait résolument différent et plus moderne, plus "électrique". Le corps était vraiment mince et méritait bien le terme d'extra-plat avec 25 mm d'épaisseur et était malgré les apparences, creux mais sans ouies, avec la fameuse plaque "Royal". Elle était disponible en deux ou trois micros, avec ou sans trémolo.

Au fil des années, les deux pans coupés à la vénitienne (extrémités pointues) vont s'arrondir légèrement, le cordier/chevalet va être modifié et la tête va changer deux fois de forme avec les mécaniques d'un seul côté (prenant peut-être le nom de super Solid 7). Enfin elle ne sera doté d'un truss rod que vers 66, ce qui peut expliquer tous les problèmes rencontrés avec les manches des premières générations qui en étaient dépourvus et qui se déformaient fréquemment rendant la guitare injouable.

Ci-dessous quelques modèles de Solid 7 montrant les trois types de tête utilisés, les plaques "Royal" noires deviennent blanches avec les extrémités arrondies puis rectangulaires et elles sont alors estampillées "Egmond". Deux types de cordiers, le premier avec cordier court séparé plus le chevalet/vibrato, et le second avec cordier long/chevalet "tout-en-un".

Les premiers modèles n'avaient que quatre repères sur la manche,  puis six, puis avec l'appellation "super Solid 7" elles bénéficient d'un truss-rod et d'un binding blanc bordant la touche. Les teintes restent classiques, greenburst, brownburst et redburst. Mais on peut observer diverses variations comme des modèles sans binding autour de la caisse.

Ci-dessous nous voyons l'ultime évolution de la Solid 7 qui prend alors le nom de Flash I puis Flash II.

Le modèle Flash I ne semble pas proposer de réelles nouveautés si ce n'est la présence d'un trussrod et d'une forme de tête plus anguleuse, ainsi que de huit répères sur le manche.

Mais par contre le modèle Flash II propose une évolution vraiment significative selon le desciptif du catalogue, je cite : "une table bombée (arch-top) unique sur ce genrede guitare semi-creuse et ultra-mince, deux micros "Magitone" réglables séparément, un nouveau vibrato "Vibralux", un manche en érable avec touche palissandre et beaucoup d'autres caractéristiques professionnelles". Je n'ai pas trouvé de photos pour illustrer ce dernier modèle.

 

Le modèle Solid 7 (by Rosetti)

Le modèle Lucky Star (by Rosetti)

Une bien jolie variation de la Solid 7 avec l'apparition de deux ouies latérales montrant que l'on est en présence d'un modèle hollow body avec l'extrémité des pans coupés adoptant enfin une forme arrondie particulièrement harmonieuse que l'on ne retrouvera malheureusement pas sur d'autres modèles.

Le modèle Lucky Squire (by Rosetti)

Vous aurez probablement remarqué que c'est la même que précédemment, sauf le micro, le pickguard, et l' adjonction d'un vibrato ce qui la rend encore plus esthétique... mais ce n'est que mon goût personnel ! Hélas toujours pas de truss rod à l'horizon !

 

La Basse 7

La série 7 ne serait pas complète sans qu'Egmond ne propose un modèle de guitare basse dont le look est naturellement assorti  à celui de la Solid 7. Nous avons retrouvé ci-dessous quelques photos pour illustrer ce modèle dans des variations habituelles chez Egmond. A gauche probablement la plus ancienne avec un cordier court plus un chevalet séparé et équipée d'une plaque deux micros Royal extrémités rectangulaires. Immédiatement à sa droite, un modèle avec cordier/chevalet tout-en-un (sans doute plus économique ...) avec plaque extrémités rondes.

Au centre et en bas une Bass 7 by Rosetti avec un seul pan coupé "à la florentine". A propos de ce modèle si vous observez attentivement vous verrez que son propriétaire à "recloué" littérallement le côté gauche de la table sur l'éclisse, de laquelle est s'était probablement décollée. Je vous rapelle que ces modèles de guitares et basses ont un corps creux. Ce détail illustre bien, s'il en était nécessaire, la fragilité et la légèreté de construction de ces modèles très bon marché.

Enfin la photo de droite montre un modèle Rosetti tardif équipé d'un truss-rod et avec un cordier un peu moins austère.

Pour clore le chapître de la série 7, voici disponibles en accessoires les fameuses plaques "Royal" version un, deux, ou trois micros. Existait également en version deux micros pour basse. On voit aussi les différents types de vibratos utilisés par Egmond.

 

Le modèle Manhattan

Cousin éloigné ou parent pauvre de la Solid7, ce modèle avait un aspect minimaliste pas vraiment enthousiasmant avec une peinture martelée (hammered gold, blue, ou hammered red) unie un peu triste et surtout deux pans-coupés horizontaux bien peu esthétiques. Elle ne semble avoir existé qu'en un seul micro avec une touche à quatre repères, avec un cordier/chevalet tout-en-un ... économies quand tu nous tiens ... !

Elle sera ultérieurement modifiée avec des pans-coupés qui seront relevés et arrondis version Solid7, avec six repères sur la touche.

 

Les modèles Airstream

Egmond monte un peu en gamme avec le modèle Airstream vraisemblablement créé pour le marché britannique sous la griffe Rosetti. Moins rustique que les modèles de la série 7, il abandonne la plaque blanche Egmond/Royal des origines pour des micros built-in chromés avec un pick-guard perloïd. La grande innovation est le cordier vibrato dont l'aspect extérieur est copié sur celui de la jazzmaster de Fender. Les premières versions ont un corps plein en multiplis, sans trussrod ni chanfreins, en couleurs sunburst et redburst, avec des repères trois points sur la touche. Elles évolueront comme Egmond le faisait habituellement et c'est ainsi qu'elle se rapprochera peu à peu du modèle Electra que l'on verra ensuite.

Un autre modèle d'Airstream 2 (by Rosetti) qui présente quelques différences dont la première est cette nouvelle couleur rouge, la seconde est la présence d'un trussrod avec l'adoption de la plaque de fixation du manche à l'aide de 4 vis et la troisième c'est la présence de nouveaux types de micros.

Mais on peut regretter les repères sur le manche qui sont simples à un seul point au lieu de trois, et toujours pas de chanfrein de confort.  

 

Le modèle Rambler

Modèle inclassable avec un look Lucky 7 et un corps hollow-body à l'origine, pour devenir solid-body ultérieurement, mais de nouveaux micros, un nouveau chevalet capoté à pontets individuels et du vibrato TK2 "vibratone".  Peu d'exemplaires rencontrés.

 

Les modèles Electra (1ère génération)

Nous montons encore en gamme avec le modèle Electra qui suscite quand même quelques incertitudes par manque de documentation.

Il y a en effet deux modèles portant le nom d'Electra et qui sont cependant assez différents. Je ne saurai dire quel modèle a précédé l'autre, cependant je vais partir du principe que la plus rustique est la plus ancienne.

Voici donc tout d'abord le premier modèle que je pense être le plus ancien, qui est une Airstream à peine améliorée et qui hérite de sa forme symétrique du bas de caisse et des deux échancrures dont les exprémités sont fines, de telle sorte qu'il faut y regarder à deux fois pour savoir de quel modèle il s'agit.

Corps plein en multiplis sans chanfreins, avec embout de bras de vibrato rond, avec un demi pick-guard blanc perloïd (assez rare), avec maintenant une plaque chromée avec quatre vis pour fixer le manche.

Et voici la même pourvue maintenant des deux chanfreins de confort avec une épaisseur de corps augmentée et disponible en sunburst trois couleurs, avec embout de vibrato allongé et un truss-rod.

Une remarque au sujet de l'Electra, c'est que je n'ai pas pour le moment trouvé de spécimen d'Electra basse et j'ignore si elle a existé. En toute logique, elle le devrait car Egmond a toujours proposé un modèle de basse assorti à chaque ligne d'instrument. Si vous en avez un, merci de m'envoyer des photos.

Le modèle Scout

Encore un modèle intermédiaire et très déconcertant ... mais c'est chose habituelle chez ce fabricant.  Il est visiblement bas de gamme pour le corps. Egmond utilise probablement les fins de stock de la fameuse plaque blanche "Royal" qui va disparaître du catalogue. Ici elle est directement vissée sur un corps dont la forme préfigure celle de l'Electra deuxième génération, à moins qu'elle n'en soit dérivéee ... ? En tout cas ce modéle est pour le moins minimaliste car il ne dispose pas de vibrato, et est équipé d'un chevalet en plastique blanc vraiment cheap ! Par contre je m'étonne que le manche soit fixé par une plaque à quatre vis et dispose d'un truss-rod ... une touche de luxe chez Egmond ! La basse est à l'avenant.

 

Les modèles Electra (2ème génération)

Mais voici que dans le catalogue Paul Beuscher de janvier 1963 apparaît un nouveau modèle Electra dont la nouvelle forme dissymétrique du bas de caisse ainsi que l'extrémité de l'échancrure inférieure rappellent fortement la silhouette de la jazzmaster de Fender. Bien que le document ci-dessous à gauche soit de mauvaise qualité, on aperçoit un demi pick-guard identique à celui dont était équipé l'une des premières version d'Electra (voir plus haut) ainsi qu'une tête étroite et allongée. Je n'ai pour le moment jamais vu de modèle de ce genre. Il semblerait toutefois que les deux photos ci-dessous ainsi que la page du catalogue Egmond (au centre) montrent un gainage vinyle de couleur claire et un pickguard foncé, et l'on remarque l'absence de chanfreins de confort.

La forme du corps sera conservée et donnera naissance aux modèles 2V, 3V, Typhoon et Tempest, lesquelles auront toutes un chanfrein de confort.

La Basse 9

Ce modèle de basse aurait pu s'appeler "Electra Bass" (2ème génération) car elle est dans la droite ligne esthétique de l'Electra 112/2 ci-dessus, avec une finition vinyle de couleur claire et un pickguard lie de vin foncé qui recouvre également la tête. Des mécaniques capotées lui donnent une touche luxueuse que l'on observe généralement sur les modèles d'exportation "Rosetti".

 

Comment les reconnaître ?

Conscient de la grande difficulté à reconnaître ces différents modèles électriques, voici une planche comparative des trois principales formes générales du corps rencontrées, et qui pourra je l'espère, vous aider relativement facilement à faire un premier tri. Il s'agit d'observer la forme du corps et notamment des échancrures.

Sur la planche de gauche ci-dessous, notez la forme de la première catégorie d'instrument, elle est commune aux Airstream et Electra "première génération", et elle est caractérisée par les deux extrémités des grandes échancrures assez fines et "pointues", et la partie inférieure du corps symétrique.

Au centre la forme de la seconde catégorie de corps est commune aux modèles EG2, EG3, et Thunder, et possède des échancrures nettement plus réduites, la partie inférieure du corps reste symétrique.

A droite la troisième catégorie de corps est nettement différente, avec une forme typique "jazzmaster", et qui est commune avec la "seconde génération" d'Electra, les 2V, 3V, les Typhoon, ainsi que les Tempest, et avec la partie inférieure du corps assymétrique.

Notez sur la planche de droite, la forme des pickguards qui épouse le contour de l'échancrure de droite de l'instrument.

Ces principes sont la règle de base de laquelle il faut partir, mais ensuite de nombreuses exceptions à cette règle existent. Il faut alors examiner d'autres éléments, que nous essayons d'expliquer dans chaque rubrique, pour pouvoir affiner un peu ce premier tri. Une attention particulière est nécessaire entre Electra et Thunder, car la deuxième génération du modèle Electra à la forme du corps de la Typhoon .... merci Egmond !

Ne vous fiez donc pas aux annonceurs (même les boutiques spécialisées de guitares "vintage" se trompent régulièrement) qui vous proposent, souvent de bonne foi, un modèle Electra pour une Thunder, ou une Airstream pour une Typhoon. Et en plus beaucoup des guitares proposées à la vente ne sont pas 100 % originales mais ont très souvent des accessoires modifiés, et parmis les plus courants citons les chevalets qui doivent être métalliques et flottants, et les mécaniques.

Les modèles 2 et 3

Avec les Egmond 2 et 3 nous sommes en milieu de gamme, avec trus srod et chanfreins de confort, avec une forme symétrique du bas de la caisse et deux pan-coupés aux formes raccourcies par rapport au modéle Electra première génération. Elle existe en deux ou trois micros et n'est disponible qu'en couleur sunburst.

Elle est également désignée sous le nom de Shaded Models EG-2 et EG-3. La basse correspondante est désignées comme BEG-2. Cette série prendra ultérieurement le nom de Thunder.

 

Le modèle Thunder 2

Ci-dessous une Thunder 2 sunburst originale. Elle pourrait aussi bien être une EG2, toutefois ce qui plaide pour une Thunder elle qu'elle possède un manche 21 cases ainsi qu'une plaque perloïd de couleur blanche assez peu répandue chez Egmond.

 

Le modèle Thunder 3

Ci-dessous une Thunder 3 dont je viens de terminer la restauration. Elle est probablement d'une période tardive (vers 1970) car elle est équipée des micros dernière génération à plots séparés à vis fonctionnelles, ainsi que d'un manche avec 21 cases.

Une page spéciale est consacrée à cette restauration ici : ../Egmond Thunder III/Egmond Thunder III.htm

 

Les modèles 2V et 3V

Voici l'Egmond 3V, nous sommes ici en milieu de gamme, avec trussrod et chanfreins de confort (quoiqu'il existe des modèles vinyle sans chanfreins de confort), reconnaissable à la forme disymétrique du bas de la caisse et deux pan-coupés aux formes jazzmaster. Le V comme vinyle signifie qu'elles sont gainées ... vinyle, disponibles en couleurs rouge deluxe et noir. Cette série prendra ultérieurement le nom de Typhoon.

Ci-dessous une 2V avec des mécaniques métal qui ne sont pas d'origine.

Ci-dessous une 3V

Ci-dessous une basse B2V recouverte de vinyle noir. Le manche paraît être assez étroit au sillet et guère plus au chevalet (il me rappelle celui de mes Eko basses) et certainement inconfortable pour le jeu au doigts, mais il est vrai qu'à cette époque les bassistes jouaient soit au pouce, soit avec un médiator. Notons que la tête est dépourvue d'oeillets (bushings) pour le passage des mécaniques. Est-ce d'origine ou ont-ils été perdus ?  C'est en tout cas plutôt sommaire et assez peu esthétique à mon goût.

 

Les modèles Typhoon

Ces modèles sont dérivés de la 2V et 3V, elle même dérivée de l'Electra 2éme génération (celle qui avait "la nouvelle forme twist" comme indiqué dans le catalogue Paul Beuscher de 1963) et prennent finalement le nom de Typhoon.

C'est la gamme la plus difficile à classer car les points communs avec ses devancières sont vraiment si nombreux qu'il est difficile de les distinguer avec certitude. La seule différence visible est l'absence de chanfreins de confort sur l'Electra 2èmé génération.

Se sont-elles simplement succédées où ont-elles coexistéees ? L'absence de catalogue ne me permet pas de répondre à cette question. L'aspect général ne diffère pas beaucoup puisque qu'elles ont toujours la même forme de corps asymétrique, toutefois en digne successeur de la 2 et 3 V, la Typhoon ne sera disponible qu'en finition vinyle riviera rouge deluxe ou noire.

Même forme (quoique le corps de la typhoon semble être plus court ce qui pourraît expliquer que le pickguard soit plus près du bord au niveau de la corne inférieure), mêmes couleurs .... ci-dessous quelques petits indices (minimes certes...) pour aider (peut-être...) à distinguer une 3V d'une Typhoon... Cependant il est fort possible de trouver des modèles hybrides ainsi par exemple des 3V avec des manches 21 cases et inversement... alors je vous souhaite bon courage !

Ci dessous une 2V, rien à redire elle est parfaite.

 

Ci dessous une Typhoon 3 ES 1 avec une tête peinte en noir. Elle serait presque 100% originale, si ce n'est cette petite plaque ronde (rythm/solo) sous le sélecteur de micro qui ne devrait pas exister, et on devrait voir à la place un sélectreur rotatif à 7 positions. Quel dommage !

Il faut noter que sur la plupart des modèles vinyle finish, le gainage n'a pas résisté à l'épreuve du temps et il s'est souvent rétracté entrainant des déchirures peu esthétiques.

 

Les modèles Tempest

C'est le haut de gamme de chez Egmond qui est introduit dans le catalogue de la marque en 1965. Comme les autres modèles, elle a subi au cours du temps quelques variations dans les formes et dans l'accastillage. Le pickguard est maintenant couleur écaille de tortue "tortoise shell" 3 plis, le manche est équipé de 21 cases, le nouveau vibrato est monté sur roulements à billes, et les micros sont différents.

Le chevalet est doté d'un capotage chromé et les mécaniques sont individuelles et chromées. Noter la forme et la couleur des têtes qui varie d'un modèle à l'autre. Elle semble n'avoir existé qu'en sunburst et vinyle noir. On ne comprend pas très bien la rupture esthétique du modèle 1968 avec le retour à l'ancien vibrato, mais comme nous avons un constructeur orienté vers la baisse des coûts et des prix, on peut imaginer que l'utilisation de stocks de pièces d'autres modèles ait été un soucis permanent.

Ci-dessous un beau modèle de Tempest correspondant au modèle T3 (1967) avec pickguard écaille de tortue trois plis et tête (petite) assortie. Mécaniques individuelles en métal. Le corps est en finition vrai sunburst trois couleurs et semble être plus épais que sur les modèles de gamme inférieure. Toutefois pour qu'elle soit complète il y manque le capot de chevalet.

Un autre beau modèle de Tempest presque identique au précédent avec toutefois un chevalet différent (quel est le bon ?) et une tête peinte en noir avec un arrondi un peu plus grand. Notez la taille du chanfrein de confort arrière !

Comme il est habituel chez ce fabricant, chaque modèle de guitare possède sa basse assortie et c'est le cas avec cette belle Tempest basse (probablement vers 1967) en finition sunburst. On remarque le double capotage chromé sur cordier et chevalet, et hélas toujours l'absence d'oeillets (bushings) sur la tête, qui est pourtant équipée de mécaniques chromées capotées et arbore un joli sunburst assorti au corps ... Les repères triples sur la touche sont habituellement caractéristiques des modèles exportés vers l'angleterre  sous le label Rosetti.

 

Egmond violon

La plupart des fabricants surfant sur la mode lancée par Paul Mac-Cartney, ont eu un modèle de forme violon à leur catalogue, et Egmond n'a pas échappé à la règle. Notez la luxueuse finition des basses forme violon, avec un double binding autour de la caisse, un pickguard "tortoise" trois plis, un cordier arborant la lettre E, un chevalet capoté et des micros dernière génération.

 

Le modèle Colorado

Un modèle hollow body à l'esthétique un peu curieuse avec deux cornes pointues ...

Déclinaison version basse de ce modèle, l'une en sunburst et l'autre en redburst, avec deux types de micros différents.

 

Le modèle Princess

Princess n'est que l'une des appellations de ce modèle holow boby haut de gamme de la marque. Au cours des ans, pour une forme sans changement, elle va avoir des appellations différentes, depuis Egmond 4, 5, 6, 7, puis Egmond Kentuky 2ES2V, en passant par modèle 76 ou modèle 80, pour finir par Egmond Princess. Elle ne figure plus sur le catalogue 1970.

Elle possède une silhouette caractéristique avec ses deux pans coupés symétriques dont chacun peu apprécier (ou pas) l'esthétique... Elle est pourvue dès l'origine d'un trussroad et va être déclinée en un, deux ou trois micros, avec ou sans vibrato, avec des finitions plus ou moins luxueuses.

Ci-dessous voici quelques modèles de différentes époques. La plus ancienne à gauche est encore équipée de l'antique plaque blanche supportant un micro. Les plus luxueuses à droite avec double binding autour de la caisse, pick-guard tortoise shell, repères sur toute la largeur du manche. Si les finitions étaient majoritairement en "sunburst", on trouve également des finitions "naturel" ou "cherry".

 

Modèles  non identifiés

Un modèle de basse à l'esthétique visiblement copiée sur la Les Paul de Gibson, difficile à dater mais je pencherai pour un modèle tardif des années 70 époque à laquelle la plupart des fabricants européens ont essayé de résister aux productions américaines et japonaises, en faisant de nombreuses copies de Gibson et Fender... !

De gauche à droite, une basse hollow body mais qui n'est pas une série Princess, suivie d'une Typhoon avec une disposition des mécaniques très inhabituelle 3 + 3, puis une basse  2V ou Typhoon avec une plaque de protection perloïd gris foncé ce qui est assez rare chez Egmond, et enfin une double manche.

 

Ce panorama des solid body de la marque Egmond est maintenant terminé.  Je crois que vous aurez été surpris comme moi je l'ai été, par la variété et le nombre de modèles de ce fabricant particulièrement prolifique, et l'on comprend maintenant pourquoi Egmond a été le premier constructeur de guitares européen. Et encore je n'ai pas fait état des modèles purement acoustiques qui sont certainement encore plus nombreux que les électriques.

Si toutefois vous constatez des manques ou des erreurs, j'accueillerai avec plaisir toute information complémentaire sur ces instruments, avec le cas échéant des photos de vos propres modèles. En particulier si vous possédez des catalogues de la marque (autres que 65/67/70), cela pourrait aider à la chronologie de cette production et à une meilleure datation des modèles.

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